Web first : 3 décisions et beaucoup d’interrogations

Le comité d’entreprise s’est réuni le 29 novembre 2018 sous la présidence de Jean-Luc Breysse, accompagné d’Olivier Léaurant. Bertrand Gié et Laurent Suply ont présenté le projet de CMS (Content Management System), le futur système éditorial.

La direction a d’abord rappelé les enjeux du projet : augmenter le nombre d’abonnés Premium, renforcer l’offre éditorial, conforter une forte audience notamment sur le mobile.Débutées il y a plusieurs mois, l’étude du futur système éditorial a donc mobilisé un cabinet d’audit (Bearing Point) et nécessité des visites chez nos confrères français et étrangers. 42 entretiens ont été menés au sein du Figaro.

Cette phase d’étude a révélé à la direction qu’il existe 27 outils différents pour la production des contenus éditoriaux, qu’il n’y a pas de vision globale de la production des rédactions et que les contenus premium sont d’abord édités pour le Print avant de passer sur le Web.

3 décisions ont été prises :

  • Création d’un menu bi-média pour tous les contenus avant publication
  • Mise en place d’un outil de saisie unique
  • Conserver Méthode pour le Print et Verso pour le Web

Ces décisions imposent, selon la direction, d’adapter le circuit de la copie afin de mettre en ligne les articles le plus rapidement possible et de mettre en place un tronc commun pour l’ensemble des contenus avec le choix le plus tardif possible du canal de diffusion (Print ou Web). Ainsi les desk et/ou chefs de service vont adresser des articles dont on peut penser qu’ils seront Web first ; ensuite les correcteurs vont relire les papiers premium (ce qui se passe aujourd’hui) mais aussi les principaux contenus gratuits. Ils seront ensuite édités pour les chargés d’édition pour le Web et enfin par les secrétaires de rédaction pour le Print.

Quel est le planning ?

Le nouvel outil de saisie commun pourra être utilisé dès janvier 2019 pour les Flash Actu. Les premiers tests dans un service Print pourra avoir lieu au deuxième trimestre 2019. L’outil sera ensuite étendu à l’ensemble du quotidien fin 2019 et appliqué aux magazines en 2020.

En parallèle, une nouvelle version du site Internet sera mise en place au 2e trimestre 2019. Les formations sur le nouveau système éditorial débuteront au 1er trimestre 2019 pour les chefs de service et leurs adjoints, puis au 2etrimestre pour les journalistes du Web comme du Print.

Ces annonces suscitent beaucoup d’interrogations pour la CGT. Elles pourraient modifier profondément la charge et les conditions de travail.

A commencer par les desks et chefs de service. Devront-ils éditer une fois le papier pour le Web ; Comment un papier Web first devra-t-il être calibré et par qui pour être publié sur une page du quotidien ?

Ensuite, comment le service Correction, qui après des baisses conséquentes d’effectifs, pourra–t-il prendre en charge les principaux contenus gratuits du site en plus des articles premium ?

Comment les chargés d’édition vont-ils éditer l’intégralité des contenus premium jusqu’alors édités par le secrétariat de rédaction ?

Le secrétariat de rédaction, lui, va perdre une partie de sa charge de travail. La direction, après avoir convaincu le service, fin 2012, de prendre en charge de l’édition des articles du quotidien pour le Web, souhaite maintenant déplacer cette activité vers les chargés d’édition. Avec quelles conséquences pour les salariés du service qui vont perdre l’expérience et les compétences acquises ces dernières années ? Le problème est identique pour les suppléments du Figaro (Littéraire, Scope, Santé). Edités aujourd’hui par le secrétariat de rédaction, le seront-ils demain par les chargés d’éditions ou par les chefs de service ?

De la même façon, le service photo du quotidien avait en charge les illustrations du print et donc du premium, déclinaison du quotidien. Qu’en sera-t-il demain avec le Web first ? Pour des questions de droits et de coûts, le même article sur le Print et sur le Web doit utiliser la même illustration. Dans le cas du Web first, qui va décider du choix de la photo ?

Coté services informatiques, après le recrutement en externe d’un « Product owner » pour piloter le développement du futur système éditorial, il faut que tous les services techniques soient impliqués dans le projet.

Ces interrogations n’ont amené aucune réponse de la part de la direction. Nous nous étonnons même qu’elles n’aient jamais été abordées lors de la phase d’étude et d’audit. En tous les cas pas avec les services concernés.

Il est temps d’associer les différents services sur l’organisation que souhaite mettre en place la direction. Il est regrettable de ne pas l’avoir fait lors de la phase d’étude.

Paris, le 7 décembre 2018

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