Qui veut tuer L’Equipe ?

Communiqué de l’intersyndicale de L’Equipe

Le personnel de la SAS L’Equipe est engagé dans un septième jour de grève. Malgré l’espoir d’un déblocage de la situation au cours de l’un des derniers CSE (Comité social et économique) portant sur le PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi), malgré la présence, encore une fois, de dizaines de salariés au journal, pour montrer leur refus du plan social présenté, malgré enfin la main tendue par les élus, la direction générale de L’Equipe reste figée sur la ligne adoptée depuis le début de la procédure : avancer à marche forcée, et appliquer son plan d’économies drastique et périlleux pour l’avenir de L’Equipe. Pire : les salariés ont pu comprendre que la direction n’a jamais eu l’intention de négocier quoi que ce soit.

La main tendue renvoyée à la figure

Les représentants du personnel ont pourtant tout essayé pour sortir de cette crise. Leur demande d’échanger avec un représentant du groupe Amaury lors de ce CSE, puisque les discussions avec M. Pelé restent au point mort ? Refusée.

Leur proposition d’interrompre la réunion du CSE, le temps qu’il faudrait à la direction pour demander à la Direccte s’il était possible de suspendre la procédure de consultation sur le PSE, ou au moins reporter sa date de fin ? Refusée également. Pourtant, l’intention des élus était claire : prendre le temps de discuter de projets alternatifs à ce PSE-là, y compris le projet éditorial, la direction conservant ce recours au PSE en cas d’échec. Seule perspective finalement évoquée par M. Pelé en toute fin de réunion : faire homologuer le PSE par la Direccte, en ajoutant une clause qu’il ne s’appliquerait pas si les syndicats signaient le projet d’APC/RCC (voir ci-dessous), lequel aurait toujours le même objectif de faire 5,5 millions d’euros d’économies.
Le leurre APC

Salariés et représentants du personnel le savent désormais : la direction n’a jamais eu l’intention de négocier. Sa stratégie a consisté à refuser l’organisation de réunions de négociation pendant deux mois, avant de consentir à en prévoir deux dans le dernier mois de procédure. Pour, au final, sortir de son chapeau un projet d’APC (accord de performance collective) adossé à une RCC (rupture conventionnelle collective), qu’il aurait fallu discuter en quinze jours, tandis que le compte à rebours de l’application du PSE courait toujours, et sans que soit présenté en parallèle un projet de réorganisation. Quoi qu’il arrive, les salariés étaient perdants, et leur avenir devait se jouer en deux semaines, pas plus. Ce simulacre de proposition n’avait qu’un but : communiquer à l’extérieur.

« L’Equipe » sacrifiée depuis près d’une semaine

On le voit sur les médias, les réseaux sociaux : L’Equipe, c’est aussi une histoire affective. Sauf pour M. Pelé. Qui justifie son refus de reporter la procédure au-delà du 3 février par une urgence économique, tout en laissant le journal et le magazine ne pas paraître et son site tourner au ralenti pendant une semaine sans réagir. L’entreprise aurait donc les moyens de se priver de son journal, mais pas de chercher à garder des salariés ?

Au cours du CSE qui s’est poursuivi, le cabinet d’expertise mandaté par les élus du CSE a d’ailleurs présenté un scénario alternatif, permettant de garder les salariés tout en limitant les pertes à l’horizon 2024 (départs naturels au fil des ans, baisse de la redevance holding…). Réponse de la direction : nous devons présenter à l’actionnaire un projet sans pertes. En clair, peu importe les conséquences, peu importe si L’Equipe n’a plus les moyens de se développer, seules comptent les lignes comptables. Même chose pour France Football : le directeur général a reconnu qu’il n’avait pas pour mission d’assurer la pérennité du magazine.

 

Et maintenant ?

Au cours du CSE, il a clairement été expliqué à la direction, par le cabinet d’expertise, combien son projet contenait de risques concernant la santé des salariés. C’est de sa responsabilité d’y répondre et de trouver de vraies solutions pour y faire face. Pourtant, questionné par les élus sur cet état de fait, le directeur général n’a eu de cesse de répondre « Resop » et « équation ». Les élus vous transmettront bientôt un message détaillé sur le sujet.

Salariés et représentants du personnel se raccrochent désormais à l’espoir de pouvoir échanger avec l’actionnaire. La demande a été transmise à Marie-Odile, Aurore et Jean-Etienne Amaury. C’est tout ce qu’a daigné concéder notre direction lors de cette journée qui a montré encore une fois la solidarité des salariés et leur attachement à L’Equipe. Le message envoyé par Jean-Etienne Amaury ce soir, copié-collé de celui de juin, ne suffira pas.

L’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT – BP-UFICT-CGT – SGLCE-CGT

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